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Ciseaux et peignes propres sur un plateau, avec des serviettes blanches dans un salon de coiffure

Hygiène en salon de coiffure : règles et Certibiocide en 2026

Conseils professionnels · Hygiène & réglementation

Un salon accueillant commence par des gestes sûrs

L’hygiène en salon de coiffure se joue entre deux rendez-vous : matériel préparé, linge renouvelé et produits bien utilisés. Voici les règles à connaître et une méthode simple pour les appliquer en équipe.

Repères réglementaires vérifiés le 28 octobre 2026 · France, avec un exemple local pour Paris

Les outils

Préparer le matériel pour le client suivant.

Le linge

Séparer le propre du linge déjà utilisé.

Les consignes

Identifier les produits et les responsabilités.

Un peigne remis dans le tiroir trop vite ou une serviette encore humide peuvent passer inaperçus dans une journée chargée. Pour éviter ces écarts, mieux vaut une organisation claire qu’une consigne générale de « faire attention ». Le nettoyage du salon, la désinfection du matériel et la protection des salariés répondent à des objectifs complémentaires.

Hygiène en salon de coiffure : que prévoient les textes ?

Avec des salariés, le Code du travail impose un entretien régulier des locaux et de leurs annexes, ainsi que des circulations dégagées. L’employeur doit également fournir les moyens de propreté individuelle. Les lavabos doivent notamment disposer d’eau potable à température réglable et de moyens adaptés pour se nettoyer et se sécher les mains. Ces obligations figurent aux articles R. 4224-18, R. 4228-1 et R. 4228-7. [1]

Pour les règles propres à l’activité, il faut aussi consulter le règlement sanitaire du département où le salon est installé. À Paris, l’article 118 prévoit la désinfection des instruments pour chaque client et le renouvellement des serviettes. Il demande aussi à l’exploitant de fournir au personnel les moyens nécessaires. Ce texte parisien est un exemple local : vérifiez les dispositions applicables auprès de votre préfecture ou de votre mairie si vous exercez ailleurs. [2]

Matériel de coiffure : nettoyer, puis désinfecter correctement

Le nettoyage retire les salissures ; la désinfection agit sur des micro-organismes dans des conditions définies. Une apparence propre ne suffit donc pas à démontrer qu’un instrument a été désinfecté. L’INRS rappelle l’importance du nettoyage préalable et d’une désinfection adaptée à la situation. [3]

  1. Retirer les cheveux et résidus avant de traiter le matériel.
  2. Nettoyer selon les instructions du fabricant, en tenant compte des matériaux et des parties électriques.
  3. Employer un désinfectant adapté à l’usage prévu et respecter sa dilution, son temps de contact et ses éventuelles consignes de rinçage.
  4. Ranger le matériel prêt à l’emploi à l’abri des salissures, séparément de celui qui attend son entretien.

Cette séquence est une proposition d’organisation. Les instructions du produit et du matériel déterminent la méthode exacte : ne plongez pas un appareil électrique dans un bain et ne raccourcissez pas un temps de contact pour gagner un rendez-vous.

Serviettes et capes : organiser le circuit du linge

Préparez une serviette propre pour chaque client. Pour les capes, prévoyez un entretien adapté à leur usage et à leur matière. Nous conseillons un rangement fermé pour le linge propre et un contenant distinct pour le linge utilisé. Le programme de lavage doit être compatible avec le textile et le protocole retenu : il n’existe pas, dans les textes cités ici, une température unique à appliquer à tous les textiles du salon. [2]

Protéger les mains et former l’équipe

L’hygiène concerne aussi les professionnels. Les produits de coloration, de décoloration, de permanente et les shampoings peuvent exposer les coiffeurs à des risques cutanés ou respiratoires. L’INRS recommande d’informer et de former les salariés, de renouveler l’air et de porter des gants appropriés aux produits utilisés. Le choix des protections doit tenir compte des consignes du fabricant et des risques évalués dans le salon. [4]

Certibiocide en coiffure : qui doit être certifié en 2026 ?

Le point à vérifier

Le rôle exercé et le produit choisi comptent davantage que l’intitulé du poste.

Depuis le 1er janvier 2026, les décideurs, acquéreurs et distributeurs des désinfectants TP2, TP3 et TP4 réservés exclusivement aux professionnels doivent remplir les obligations du dispositif, sous réserve des dérogations réglementaires. [5]

Dans un salon, les désinfectants de matériel ou de surfaces peuvent relever du TP2. Vérifiez la catégorie d’utilisateurs dans l’autorisation de mise sur le marché ou, pour un produit en régime transitoire, dans sa déclaration BioCID. Le seul fait de l’acheter chez un fournisseur professionnel ne suffit pas à trancher. [6]

  • Vous choisissez le désinfectant ou définissez son protocole ? Vous pouvez relever du rôle de décideur ou d’acquéreur.
  • Vous appliquez seulement un protocole défini, sans choisir le produit ? La seule utilisation ne vous impose pas ce certificat.
  • Vous utilisez un produit d’hygiène humaine TP1 ? Ce type n’entre pas dans le Certibiocide « désinfectants ».

Le certificat est individuel. La formation « désinfectants » dure 7 heures ; sa validité est généralement de 5 ans. L’arrêté prévoit une durée de 6 ans pour les certificats « désinfectants » obtenus en 2024. Les sessions habilitées sont accessibles via l’application officielle Certibiocide. [6] [5]

Cosmétiques et désinfectants : deux vérifications différentes

Pour les shampoings, soins et produits techniques, lisez l’étiquetage : identité et adresse de la personne responsable dans l’Union européenne, numéro de lot, précautions d’emploi et durée d’utilisation applicable. La liste INCI renseigne sur les ingrédients ; elle ne constitue pas, à elle seule, une preuve de conformité du produit fini. Notez les dates d’ouverture lorsque cela aide à suivre la période après ouverture. [7]

Pour un désinfectant biocide, vérifiez l’usage autorisé, les conditions d’emploi et le statut réglementaire auprès du fournisseur. Le ministère rappelle que les biocides sont soumis à un cadre spécifique et que l’Anses délivre les autorisations nationales de mise sur le marché. Certains produits relèvent encore d’un régime transitoire : l’absence d’une AMM ne permet donc pas, à elle seule, de conclure à une commercialisation illégale. [8] [6]

Le logo CE n’est pas un label universel de conformité. Il est réservé aux catégories de produits couvertes par les textes qui le prévoient. Pour vos cosmétiques, contrôlez les mentions réglementaires et les consignes d’emploi plutôt que de rechercher ce logo. [9]

Une négligence engage-t-elle automatiquement la responsabilité pénale ?

Une sanction pénale n’est pas automatique dès qu’un écart d’hygiène est constaté. L’article 121-3 du Code pénal encadre notamment les délits non intentionnels : les conditions dépendent de l’infraction prévue, de la faute et des circonstances. Un manquement peut aussi conduire à une demande d’indemnisation selon le régime de responsabilité applicable, notamment contractuel dans la relation avec le client. [10]

Notre conseil d’organisation : conservez les fiches produits, les consignes d’entretien, les justificatifs de formation utiles et une trace des actions réalisées. Cette documentation aide à expliquer les pratiques du salon ; elle ne remplace pas leur application quotidienne.

La checklist hygiène entre deux clients

Voici une trame pratique à adapter aux produits, au matériel et au règlement local de votre salon.

  • Retirer le linge utilisé et préparer le linge propre.
  • Mettre à part les outils à entretenir ; prendre du matériel prêt à l’emploi.
  • Nettoyer le poste et traiter les équipements selon le protocole adapté.
  • Respecter le temps de contact du désinfectant prévu.
  • Assurer l’hygiène des mains et préparer les protections nécessaires.
  • Vérifier que les produits techniques sont identifiés et utilisés selon leur notice.

Pour la fermeture, répartissez aussi les tâches : sols, bacs, sanitaires, linge, déchets et réassort. Un tableau simple « zone · produit · méthode · fréquence · responsable » est une base utile. Pour compléter votre organisation, retrouvez notre retour d’expérience sur un contrôle de l’inspection du travail en salon.

Questions fréquentes sur l’hygiène en salon

Tous les coiffeurs du salon doivent-ils passer le Certibiocide ?

Pas du seul fait qu’ils utilisent un désinfectant. Il faut examiner le produit et les fonctions réellement exercées : choix du produit, acquisition, décision ou distribution. [6]

Un nettoyant remplace-t-il un désinfectant ?

Ce sont deux fonctions différentes. Vérifiez l’usage revendiqué et les conditions d’emploi du produit ; un nettoyage ne démontre pas, à lui seul, une action désinfectante. [3]

Faut-il désinfecter systématiquement tout le salon ?

L’entretien régulier des locaux et la désinfection des instruments ne se confondent pas. L’INRS recommande de définir les situations nécessitant une désinfection des surfaces, en tenant compte des risques et des règles applicables à l’activité. [3]

Sources officielles et références

Sources consultées le 28 octobre 2026. Les conseils d’organisation sont proposés par France Coiffure ; les obligations sont rattachées aux textes ci-dessous.

  1. Code du travail : R. 4224-18, entretien des locaux ; R. 4228-1, propreté individuelle ; R. 4228-7, lavabos.
  2. Règlement sanitaire du département de Paris, article 118 — arrêté du 20 novembre 1979.
  3. INRS : Entretien des surfaces et La désinfection des surfaces, ED 6188.
  4. INRS, Coiffure, ED 6397 — risques et mesures de prévention.
  5. Arrêté du 9 octobre 2013 modifié, dispositif Certibiocide ; arrêté modificatif du 5 septembre 2025, notamment articles 2 et 3.
  6. Ministère de la Transition écologique, notice explicative Certibiocide, mai 2025 — produits, acteurs et formation. À lire avec les modifications réglementaires ultérieures citées au point 5.
  7. DGCCRF : Étiquetage des cosmétiques et Réglementation des produits cosmétiques.
  8. Ministère de la Transition écologique, Produits biocides.
  9. Direction générale des entreprises, Le marquage CE.
  10. Légifrance : Code pénal, article 121-3 ; Code civil, article 1231-1, responsabilité contractuelle et article 1240, responsabilité extracontractuelle.
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